Pourquoi la souffrance?

Dieu est amour mais il nous laisse souffrir ; Dieu est amour mais chaque jour des personnes meurent, des vies sont brisées et des atrocités sont commises. Des enfants naissent handicapés, des gens innocents sont mutilés. Où est Dieu ? Comment peut-il tolérer cela?

« Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme, et chaque jour des chagrins dans mon cœur ? » Psaumes 13:3

• Il est totalement déplacé d’expliquer la souffrance par des raisonnements théoriques. Ils ne pèsent rien face au cri du coeur.  Ce cri a été poussé par Job, personnage biblique frappé par la mort de ses enfants, la maladie et la dépression  : « Pourquoi [Dieu] donne-t-il la lumière à celui qui souffre, et la vie à ceux qui ont l’amertume dans l’âme ? » (Job 3:20). Aucune explication n’a pu consoler Job. Sa souffrance et son désespoir n’ont pris fin que lorsqu’il a rencontré et expérimenté Dieu au coeur même de sa souffrance et de ses questions (Job 42:5).

Le sadhou Sundar Singh, chrétien hindou du 20ème siècle, propose une métaphore qui dit une chose semblable :

« L’ébranlement produit par un tremblement de terre fait parfois jaillir d’un sol desséché des sources d’eau bienfaisantes qui arrosent et fertilisent des terres jusqu’alors arides et incultes. De même, l’ébranlement produit par une grande souffrance fait jaillir en l’homme des fontaines d’eau vive. Dès lors, au lieu du murmure, c’est la joie et la reconnaissance qui jaillissent du cœur ».

« Dieu sauve le malheureux dans sa misère et c’est par la souffrance qui l’avertit ». Job 36:15

Posons-nous la question: irions-nous vers Dieu sans la souffrance ? Combien se tournent vers Dieu lorsqu’il sont en parfaite santé et jouissent de la prospérité matérielle ? La souffrance nous pousse à nous interroger et de cette interrogation peut naître la prière, la repentance et la foi. Dieu ne nous punit pas par la souffrance. Son amour touche en nous ce qui doit mourir et cela nous fait souffrir.

• Cependant que dire des atrocités qui sont commises contre des innocents ? En ce cas la souffrance n’instruit pas, elle détruit de façon aveugle. Une histoire déchirante permet toutefois de réfléchir. La scène se passe dans un camp de concentration : un enfant de 12 ans est pendu par les nazis aux yeux de tous. Il ne pèse pas assez lourd pour que le poids de son corps brise sa nuque. Ainsi, il agonise lentement. La scène est insoutenable. L’un de ceux qui assiste à la scène rapporte qu’il entend alors crier derrière lui : « mais où est donc Dieu ? ». Lorsqu’il entend à nouveau crier « où est donc Dieu ? », il sent alors en lui une voix qui répond : « Il est là, pendu ici au bout de cette corde ». (Elie Wiesel, La nuit, 2007, p.122-125).

« Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix ». Philippiens 2:8

Ce qui est incompréhensible pour nous est que Dieu puisse partager notre souffrance en habitant dans l’homme. C’est pourtant le message central de l’Evangile. Dieu a accepté de revêtir la chair et a vécu en tant qu’homme (Philippiens 2:7): il a été fatigué, il a eu soif, il a eu faim, il a pleuré, il a souffert, il a même été crucifié. Dieu a pleinement assumé le statut de l’homme, il s’est véritablement dépouillé : celui qui nous aime partage notre sort.

On pourrait toutefois être dubitatif sur le moyen employé par Dieu pour nous délivrer de la souffrance. S’il est le tout-puissant, pourquoi ne nous a-t-il pas sauvés par la seule force de sa volonté ?

Un père ou une mère qui voit son enfant se noyer se jette lui-même à l’eau pour le sauver. Voilà pourquoi Dieu est venu dans le monde. L’amour détruit tous les calculs, l’amour fait échec à toutes les prévisions, l’amour paraît même fou. La croix est une folie (1 Corinthiens 1:18), un scandale pour celui qui réfléchit, mais celui qui y voit l’Amour de Dieu y trouve la vie. L’orgueil, la raison, l’égoïsme, ne peuvent être que scandalisés par l’amour ;  il paraît même être une faiblesse. C’est pourtant ce que Dieu a choisi : partager avec nous cet amour qui conduit à souffrir.

Devant la souffrance, même celui qui a la foi est désarmé, il pleure avec ceux qui pleurent. C’est Dieu qui pleure en nous devant un tel spectacle de désolation. Chaque fois qu’un innocent est tué, qu’un enfant est mutilé, qu’une vie est perdue et ravagée, c’est Dieu qu’on tue et qu’on mutile. Cependant, cette présence de Dieu en nous est paradoxale car elle renvoie aussi à notre responsabilité. Si Dieu vit en nous, comme Lui nous pouvons soulager, guérir et sauver ceux qui souffrent (Jean 9:1-7). L’ultime mystère de la souffrance est que Dieu nous appelle à renoncer à nous-mêmes pour agir et donner la vie à travers nous.


Pour aller plus loin : une autre façon de parler de la souffrance avec la parabole du grain de blé.

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